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Actualité > Mobilisation des associations

Dernière mise-à-jour : mercredi 7 décembre 2005

Les associations des réseaux de l'ARDEVA se mobilisent depuis plusieurs mois, notamment face aux importantes coupes budgétaires dont elles sont victimes et réagissent aux évènements de novembre 2005 dans les "quartiers".

Communiqués de l'ARDEVA Île-de-France

REFUSONS LES COUPES SOMBRES DANS L’ÉDUCATION POPULAIRE !  (ARDEVA Île-de-France – 10/2005)

Avec le CNAJEP, l’ARDEVA Île-de-France déclare (06/2005)

Communiqués de nos membres et partenaires

Quel avenir pour l’éducation populaire ?  Journal de la CMJCF (Confédération des Maisons des jeunes et de la culture de France) – n° 17 – (12/2005)
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100 millions, mais le compte n’y est pas ! – Collectif des association de Seine-Saint-Denis (22/11/2005)
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Zones urbaines en crise : Les membres sortants du CNV proposent – Communiqué du Conseil national des villes (21/11/2005)

Pour une politique de développement social des personnes et des territoires. Message politique des centres sociaux et socioculturels (20/11/2005)
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Contre l'état d'urgence : Saisine citoyenne du Conseil Constitutionnel – Pétition Place aux droits.net

Déclaration du CNAJEP (18/11/2005)

Envolée xénophobe sous prétexte de révoltes banlieusardes – GISTI (17/11/2005)
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Communiqué de la Confédération nationale des Foyers ruraux (15/11/05)
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Les Rencontres de la Villette "Hors les Murs" – escales 2005 :
« Répondre par la création aux questions posées par les réalités humaines » – Les responsables des Rencontres de la Villette (15/11/2005)

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Résolution de l’Assemblée Générale de la Fédération française des Maisons des jeunes et de la culture sur les évènements actuels dans les quartiers populaires – FFMJC (14/11/05)
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Banlieues : les vraies urgences – Communiqué commun (13/11/05)

Changeons le Monde. Cultivons la Paix – Appel du Congrès du Mouvement de la Paix (13/11/2005)
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Communiqué de la Fédération des Centres sociaux de Seine-Saint-Denis (10/11/05)
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Violences urbaines. Le point de vue des acteurs de la Prévention Spécialisée – Comité National de Liaison des Associations de Prévention Spécialisée (10/11/2005)
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Communiqué du Conseil d’administration de la Fédération des centres sociaux de France (5/11/2005)

Adresse de la CMJCF au président de la République – CMJCF - Confédération des Maisons des jeunes et de la culture de France (5/11/2005)
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Sarkozy met le feu à la France, par Christian EBOULE – Culture et liberté Île-de-France – n°275 – (11/2005)
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Lettre ouverte aux associations – Collectif des assos en danger du 93 - (11/2005)

Revenir au calme par le respect, la dignité et le dialogue. Travailler au développement humain et non à la répression ! Lettre ouverte au président de la République - Mouvement de la paix (8/11/2005)
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« Réagir face aux violences urbaines » (Déclaration du CA de l’inter réseaux DSU - 8/11/2005)

Communiqué des Ceméa (04/11/2005)

Communiqué du CNAJEP (04/11/2005)

SOS associations! , par Jean-Pierre Weyland - Lettre d’information “Réseaux et ressources” des CEMÉA INFOP – n°47 – (10/2005)
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La rentrée reste sous le signe de la mobilisation associative, par Guy Pichon – Lettre d’information “Acteurs et projets” des CEMÉA Île-de-France – (10/2005)
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Formation des bénévoles: 2/3 des crédits supprimés par le gouvernement – Communiqué de la CPCA (29/09/2005)
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Avis de tempête sur la vie associative – Jean-Marc Roirant, Secrétaire général de la Ligue de l’enseignement (29/09/2005)
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Agir ensemble pour une société plus solidaire – CNAJEP (06/2005)

Articles de presse

Les associations ne veulent pas être des pare-feux - Par Adjera Lakehal-Brafman, directrice de l’Association des femmes des Francs-Moisins, Véronique Devriendt et Nadège Haberbusch, codirectrices de laludothèque Les enfants du jeu, Didier Ménard, médecin et président de l’Association Santé bien-être, Hélène Zeitoun, directrice de l’Association Santé bien-être – L”Humanité - (25/11/2005)

Jeunesse et éducation populaire : le CNAJEP "se mobilise pour défendre l'action des associations" – Dépêche AEF n°58086 (17/11/2005)

Les associations restent méfiantes. – La Croix (15/11/2005)
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Chronique d’une explosion annoncée, par Maryannick Le Bris – ASH, Actualités sociales hebdomadaires n°2428-2429 – (11/11/2005)
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Je suis une racaille, par Marc Hatzfeld - Lemonde.fr (10/11/2005)

Jean-François Lamour : "Brûler un gymnase, c'est pour un jeune, comme se tirer une balle dans le pied" – Le Monde (10/11/2005)

Cent millions d’euros aux associations, et après ? – L'Humanité (10/11/2005)

"Le cri d'alarme des associations d'éducation populaire", Le Parisien (7/11/2005)
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Associations en péril ? - Photo de classe. Une chronique de Marie-Christine Le Du. – France inter, Chronique (6/11/2005)
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Associations: le grand gâchis. – Libération (Rebonds) (26/07/2005)



Dans les autres régions

Les associations se mobilisent en Moselle
Les associations entrent en résistance...
Au cours d'une assemblée, 220 responsables associatifs de la Jeunesse et de l'Éducation Populaire de Moselle ont voté à l'unanimité l'entrée en resistance contre la politique du gouvernement face à une baisse considérable des moyens alloués aux associations...
 
Elles appellent adhérents, parents, bénévoles et salariés des associations à se rassembler le samedi 21 janvier 2006 à 13H30 sur la Place d'Armes À Metz.

 
Tract et info sur le site http://mobilisation.cojepmoselle.org

Mobilisation des associations de jeunesse et d’éducation populaire – CRAJEP Languedoc-Roussillon (20/10/2005)
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Non aux coupes sombres de l’État contre l’éducation populaire – CRAJEP Midi-Pyrénées, (10/2005)
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Communiqués de l'ARDEVA Île-de-France

. REFUSONS LES COUPES SOMBRES DANS L’EDUCATION POPULAIRE ! (ARDEVA Île-de-France – 10/2005)
La réduction drastique ou la disparition d’aides publiques aux associations remet en question les diverses activités d’intérêt général et parfois de service public qu’elles mènent pour un accès de tous à une éducation citoyenne.

SI CES ASSOCIATIONS DISPARAISSAIENT… ?
Centres de loisirs et CLAE, séjours de vacances, accompagnement à la scolarité, maisons des jeunes et de la culture, foyers de jeunes travailleurs, actions de soutien à l’intégration, animations en milieu rural, formations, actions culturelles et sportives dans les quartiers, chantiers de jeunes, établissements médico-sociaux…. Autant d’activités associatives faisant partie du quotidien des populations, répondant à de réels besoins sociaux, contribuant à un aménagement équilibré du territoire et favorisant un accès de tous à l’éducation et la culture qui risquent d’être remises en question faute de moyens financiers. Autant d’emplois aussi que créent ces activités qui sont menacés de disparition….


DES ACTIVITES POUR TOUS ET DES EMPLOIS MENACES !
Les associations de Jeunesse et d’Education Populaire réunies au sein de l’ARDEVA Île-de-France ont décidé de contribuer à la mobilisation du CNAJEP et de s’associer aux collectifs associatifs de Paris et de Seine-Saint-Denis pour résister à la politique libérale du gouvernement qui remet en cause les uns après les autres tous les acquis sociaux. Après les attaques subies ces dernières années, l’éducation est dans le collimateur. L’école est directement concernée par une loi d’orientation (loi Fillon) qui a mobilisé contre elle la plupart des acteurs et partenaires tandis que l’on supprime des postes d’enseignants. Les associations et en particulier celles de jeunesse et d’éducation populaire ne sont pas épargnées.


DES DISCOURS CONTREDITS PAR LES FAITS
Les représentants de l’Etat ne tarissent pas d’éloges sur le rôle irremplaçable des associations dans la cohésion sociale, sur leur place dans l’élaboration des politiques publiques ou leur participation à des missions de service public…. Après avoir totalement oublié pendant 3 ans la Charte d’Engagements Réciproques signée avec le mouvement associatif (CPCA) ils annoncent aujourd’hui une Conférence nationale sur la vie associative ! Changeant de cap, le gouvernement et le ministre de la Jeunesse des Sports et de la Vie Associative annoncent désormais un retour des emplois aidés sous forme de Contrats d’Accompagnement à l’Emploi (CAE) : 45000 contrats financés par le plan Borloo ! Mais que pèsent ces mots face aux faits qui attestent eux d’une politique qui asphyxie les Associations ?


UNE ATTAQUE EN REGLE DE L’ETAT CONTRE LES ASSOCIATIONS
La liste est longue depuis 2002 :
- suppression des emplois-jeunes et développement d’emplois précaires et non qualifiés,
- réduction régulière des subventions du ministère de l’Education Nationale,
- fortes diminutions des crédits du FASILD et du volet social de la politique de la ville,
- réduction des aides CDVA pour la formation des bénévoles,
- diminution de postes FONJEP et remise en question de la gestion paritaire de ce fonds,
- baisses de 15 à 75% des subventions nationales Jeunesse et Sports,
- arrêt des conventions et le recours aux appels d’offres au ministère de l’agriculture,
- annonce de la suppression de 800 postes d’enseignants mis à disposition des associations complémentaires de l’enseignement public,
- diminution importante des crédits d’Etat consacrés aux Contrats Educatifs Locaux qui s’additionne à une réduction des crédits des CAF dans ce secteur.


UNE LOGIQUE LIBERALE A L’ŒUVRE
Faire des économies qui sont en fait de fausses économies
Les activités éducatives, sociales ou culturelles ne peuvent obéir au seul critère de rentabilité surtout s’il est examiné à court terme. Les diverses actions associatives qui structurent le quotidien des enfants et des jeunes après l’école sont indispensables et au final plus efficaces et moins onéreuses que la politique actuelle du tout répressif (centres éducatifs fermés, incarcérations de mineurs…). Fausses économies aussi si l’Etat se décharge de ces financements sur des collectivités locales qui seront obligées d’augmenter la fiscalité locale.

Ouvrir à la « concurrence » pour certaines activités pouvant devenir lucratives
Le secteur privé lucratif lorgne sur certaines activités développées jusque là par un secteur associatif à but non lucratif, soucieux d’accessibilité et de lien social. L’inscription de certaines de ses activités dans le champ des « services à la personne » avec des déductions fiscales, ouvre en effet un espace nouveau de solvabilité. L’accompagnement scolaire voit ainsi se développer un véritable marché lucratif qui prospère sur la peur de l’échec scolaire. Cette logique ne peut que renforcer des inégalités et sert de laboratoire pour demain : garde des enfants à domicile face aux centres de loisirs, stages d’activités prestigieux face aux « colos » des pauvres…

Affaiblir les fédérations et les collectifs pour mieux instrumentaliser le secteur associatif
Les associations de Jeunesse et d’Education Populaire constituent depuis leur création un espace d’innovation sociale qui est à la fois un « contre-pouvoir », quel que soit celui en place, et un partenaire pour certaines actions. Elles revendiquent une reconnaissance concrète de leur rôle, de leur utilité publique, qui a donc nécessairement un coût pour la société si on ne le répercute pas directement sur les usagers. Leurs projets associatifs, par leur gestion démocratique, sont les moteurs de leurs actions et la garantie de leur indépendance. C’est pour ces projets que les associations gèrent des activités, créent des emplois, ce qui en fait aussi des entreprises à part entière revendiquant, à côté des mutuelles et des coopératives, leur appartenance à une autre économie, sociale et solidaire.
Cette conception du mouvement associatif défendue notamment par les grandes fédérations dérange à l’heure où le gouvernement entend surtout voir les associations devenir des créateurs d’emplois précaires et non qualifiés, des prestataires de services répondant à des appels
d’offres…

• Télécharger le tract & la pétition au format .pdf

L’ARDEVA Île-de-France (Association régionale pour le développement de la vie associative)
34 fédérations et associations régionales irriguant le territoire de l’Île-de-France au travers de leurs 3 000 associations regroupant plus de 25 000 bénévoles et élus et 6 000 salariés.
AJBF – ALIF – ARDIE – Au fil de l’eau – CEMEA – CETEC AJ – CPCV – CPN – CFCS – Culture et liberté – EEDF – EPE – FFMJC – FIA-ISM – FNARS – Foyers Ruraux – Francas – FUAJ – Graine – Île-de-France Environnement – JPA – Ligue de l’Enseignement – Léo Lagrange – MJC IdFPetits débrouillards – Rempart – Scouts et Guides de France – SJT – Soleil et Santé – STAJ – UFCV – UFJT – Vacances et familles.

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. Avec le CNAJEP, l’ARDEVA Île-de-France déclare (06/2005)
Nous, associations membres de l’ARDEVA Île-de-France, comme le CNAJEP*, n’acceptons plus le double discours du gouvernement, qui ne perd pas une occasion de vanter les mérites de la vie associative tout en prenant des mesures qui menacent l’existence même d’une vie associative organisée et fédérée.

De graves pressions pèsent sur le monde associatif en général et les Associations de Jeunesse et d’Éducation Populaire en particulier.
À commencer par la question de l’agrément de Jeunesse et d’Éducation Populaire, qui fait actuellement l’objet d’un débat unilatéral et sans méthode.
S’y ajoute le poids des régulations budgétaires porté par les Associations de Jeunesse et d’Éducation Populaire. Nous subissons en effet de conséquentes baisses de subventions, dont on nous informe de plus en plus tardivement, alors même que le financement de dispositifs qui ne font l’objet d’aucune évaluation sérieuse est sanctuarisé.

Nous condamnons cette politique parce qu’elle menace :
- Les activités éducatives dont bénéficient les enfants, les jeunes et leurs familles sur l’ensemble du territoire de la Région et plus largement le territoire français.
- L’emploi dans les associations, secteur figurant en tête des créateurs d’emploi pour les jeunes
- La confiance de tous ceux, bénévoles, volontaires, professionnels, qui s’engagent dans les associations.

Nous, associations regroupées au sein de l’ARDEVA, comme le CNAJEP, avons donc pris la décision de ne plus siéger dans les instances nationales et déconcentrées, tant que l’État ne prendra pas des engagements sérieux à notre égard.

Nous alertons tous les élus et partenaires de nos projets et actions.
Notre plan d’action prévoit d’ores et déjà de mobiliser l’ensemble de nos usagers et partenaires au cours du dernier trimestre 2005.
Jeunesse, Éducation Populaire et Vie associative sont des choses trop sérieuses pour être délaissées par le gouvernement.

ARDEVA Île-de-France – juin 2005

* CNAJEP (Comité pour les relations nationales et internationales des associations de jeunesse et d’éducation populaire) – 15, passage de la-Main-d’Or 75011 PARIS – Tél. 01 40 21 14 21 - email : cnajep@cnajep.asso.fr

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Communiqués de nos membres et partenaires

. Zones urbaines en crise : Les membres sortants du CNV proposent - Communiqué du Conseil national des villes (21/11/2005)
Ces dernières semaines, le Premier ministre et divers ministres de la République consultent ou – reçoivent – dans l’urgence, quelques jeunes, habitants, professionnels, associatifs et élus des zones urbaines en crise, pour tenter de comprendre et trouver les solutions d’un apaisement pérenne. Dans la situation de crise actuelle, aucun d’entre eux n’a songé à rappeler en consultation les membres du CNV en fin de mandat.

Le CNV n’étant à ce jour pas renouvelé, certains de ses membres sortant, entendent continuer à remplir leurs responsabilités sur les questions urbaines. Ils rappellent la pertinence et l’actualité des Avis remis aux différents ministres concernés depuis plus de trois ans, mais restés le plus souvent sans écho. Ils proposent une autre méthode d’analyse et de décisions pour tenter de répondre à la crise urbaine.
Les signataires du présent communiqué se voient dans la nécessité de rappeler que le CNV est un conseil officiel et qualifié pour traiter des questions des villes en crise. Institué en 1988, il est présidé par le Premier ministre, aujourd’hui Dominique de Villepin ou, par délégation, par le ministre en charge de la Politique de la ville, Jean-Louis Borloo et Catherine Vautrin.
Il rassemble un ensemble de personnalités de terrain qualifiées sur les problèmes urbains : 25 élus représentant les différentes familles politiques, 15 "têtes de réseaux" associatifs et représentants de syndicats de salariés et du Medef, 15 professionnels ou militants associatifs locaux. Ce conseil a été vice-présidé depuis 2002 par deux élus : Véronique Fayet, adjointe (UDF) au maire de Bordeaux, et Claude Dilain, maire (PS) de Clichy-sous-Bois.

Les membres du CNV siègent à titre personnel ou comme représentants d’organisations professionnelles ; ils s’efforcent de jouer au mieux, sans langue de bois, sans complaisance, ni provocation, leur rôle de critique constructive et de force de proposition, loin des influences des appareils politiques ou autres, mais au plus proche des réalités et des pratiques de terrain.
Des alertes, voire des alarmes, réitérées par le CNV au cours de ces trois dernières années. Plusieurs fois, le CNV a alerté sur des questions qui apparaissent aujourd’hui en lien évident avec les crises urbaines : les emplois aidés/emplois jeunes, la prévention de la délinquance, la lutte contre l’exclusion et la réduction des moyens financiers pour les associations et le développement social... Mais ces trois dernières années, le CNV n’a jamais été reçu par les Premiers ministres successifs, et a dû le plus souvent se contenter d’"accusés de réception" quand il a diffusé ses avis aux ministres concernés. (Tous les avis et plate-formes du CNV sont consultables sur le site www.ville.gouv.fr – rubrique CNV).

Au cours de l’été 2005, à diverses reprises, puis lors d’une conférence de presse, le 6 octobre dernier, en présence de Catherine Vautrin, le CNV a réitéré ses craintes, notamment s’agissant des difficultés pour les associations. "Cette inquiétude est renforcée par les informations qui remontent des terrains, le transfert d’une partie des crédits additionnels de la Politique de la ville aux équipes de réussite éducatives se traduisant, souvent, par une baisse de l’ordre de 35 à 40 % des crédits FIV (Fonds interministériel d’intervention pour la ville)" – extrait du document du CNV : "Propositions pour la refondation de la politique de la ville".

Ces craintes furent alors jugées non fondées par la ministre en charge de la ville. Pourtant aujourd’hui, la restauration de ces crédits est présentée par le Gouvernement comme une réponse aux troubles sociaux et urbains. Dans le rapport d’activité 2002/2005, rendu public ce 6 octobre et remis à la Ministre, constatant que "certaines villes ou agglomérations, voire des pans entiers du territoire, se trouvent véritablement en situation de - relégation -, " le CNV en appelait "à une politique de - sauvetage - de la ville avec intervention forte de l’Etat et moyens exceptionnels pour les villes et territoires en situation de décrochage massif." La suite immédiate lui a malheureusement donné raison. Mais, faute d’avoir pu ou su "mener le débat et la réforme" pendant qu’il était encore temps, le gouvernement se trouve maintenant contraint à agir dans les plus mauvaises conditions.

Aujourd’hui, les signataires du présent communiqué, anciens vice-présidents et membres du CNV proposent d’autres méthodes d’analyse des problèmes et d’autres modes de décision.
Le débat peut être et doit être mené, les clivages et les conflits identifiés, les issues trouvées, dans le cadre d’une démarche de concertation ouverte à tous. Ceci ne peut plus être fait désormais "en chambre", ni entre spécialistes patentés. Ni les habitants des quartiers, ni les jeunes des villes, ni la plupart des acteurs de terrain ne comprendraient aujourd’hui une réponse qui ne se présenterait que comme un train de mesures plus ou moins répressives ou d’opportunité.

Depuis des années les villes s’essaient à la démocratie participative, des débuts de savoir-faire existent dans la population comme chez les responsables. Le moment est venu, pour tous les habitants de France, de trouver les voies d’une expression claire et forte de leurs attentes et de leurs suggestions pour mieux vivre ensemble, dans le respect du principe d’égalité. Le moment est venu pour les responsables politiques, élus et gouvernement, de montrer que l’on peut gouverner autrement. Les signataires encouragent et soutiendront toutes initiatives allant dans ce sens.


Contact médias :
Claude Lisbonis Communication
Tél. 01 42 02 17 40 / 06 20 67 18 66 – c.lisbonis.com@wanadoo.fr

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. Contre l'état d'urgence : Saisine citoyenne du Conseil Constitutionnel – Pétition Place aux droits.net
La loi du 18 novembre 2005 prorogeant l'état d'urgence est aujourd'hui en vigueur.
En ne saisissant pas le Conseil Constitutionnel, garant de la conformité des lois avec la Constitution, les parlementaires ont effectué un pas de plus sur le chemin qui met à mort la démocratie et le droit. Un précédent inquiétant, dénoncé par toutes les associations de défense des droits de l'homme et des libertés avait déjà eu lieu lors du vote de la loi du 15 novembre 2001 relative à la sécurité quotidienne.
Face à cette situation, les citoyens se voient obligés de pallier la défaillance de leurs élus et de saisir eux-mêmes le Conseil Constitutionnel.

Par ce geste, les citoyens :
- s'opposent à la prorogation de l'état d'urgence et à la banalisation des régimes et dispositifs répressifs d'exception ;
- appellent à une réforme urgente afin que la procédure de « saisine citoyenne » inexistante dans les textes, soit introduite dans la Constitution.

Une Constitution dont le Préambule (article 18) stipule que la France « entend conduire les peuples dont elle a pris la charge à la liberté de s'administrer eux-mêmes et de gérer démocratiquement leurs propres affaires ; écartant tout système de colonisation fondé sur l'arbitraire, elle garantit à tous l'égal accès aux fonctions publiques et l'exercice individuel ou collectif des droits et libertés proclamés ou confirmés ci-dessus ».

Pour signer : www.placeauxdroits.net
Contact : saisine@placeauxdroits.net

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. Déclaration du CNAJEP (18/11/2005)

Les associations de Jeunesse et d’Education Populaire membres du CNAJEP, après avoir été reçues par le Ministre de la Jeunesse, des Sports et de la Vie Associative le 10 novembre 2005, et entendu le Premier Ministre faire des propositions pour le monde associatif, confirment :

Leur appel à sensibiliser, à mobiliser l’opinion publique et les instances où elles siègent pour montrer que leurs projets et actions concernent des millions de personnes, tous les territoires et tous les publics sans distinction d’âge, de sexe ou d’origine.

Leur demande envers le Président de la République et le Premier Ministre pour que les crédits votés dans la Loi de Finances en direction du développement des associations ne soient pas sujets à des gels massifs, répétitifs et tardifs, comme cela a été le cas en 2005, année noire pour
les associations.

Leur exigence envers le gouvernement, et plus particulièrement le ministère de la Jeunesse, des Sports et de la Vie Associative, de voir préciser la méthode et les échéanciers pour que, au terme des trois ans à venir, le nombre des Conventions Pluriannuelles d’Objectifs (CPO) –
outils de stabilité du financement associatif, donc de l’activité associative – et des conventions annuelles, progresse de l’ordre de 10 % avec les moyens nécessaires pour que les associations continuent à être actives et innovantes face aux problèmes sociaux éducatifs actuels.

Leur engagement, sous réserve du respect et de l’évaluation de la réalisation des exigences précisées ci-dessus,
• à agir en tant que corps intermédiaires associatifs reconnus et valorisés dans le respect de leur propre projet,
• à valoriser et à renforcer leurs actions avec et pour les jeunes dans tous les territoires,
• à contribuer à l’aboutissement de la loi sur le volontariat associatif et l’engagement éducatif porté par le Ministre de la Jeunesse, des Sports et de la Vie Associative et à être acteur de toutes les actions visant à valoriser le volontariat,
• à poursuivre un partenariat actif dans le développement d’emplois diversifiés, notamment en direction des jeunes et des adultes les plus éloignés de l’emploi,
• à participer activement à une politique éducative territoriale au plus près des usagers en lien étroit avec les collectivités locales et leurs élus,
• à contribuer à l’animation du secteur Jeunesse Education Populaire à travers la préfiguration d’un CNAR Animation (Centre National d’Appui et de Ressources) et le soutien aux fédérations.

Face à l’urgence sociale, face aux besoins d’actions, les associations de Jeunesse et d’Éducation Populaire se mobilisent pour comprendre la situation faite aux citoyens. Elles revendiquent aussi les nécessaires transformations sociales et éducatives pour un autre « vivre ensemble ».
L’Assemblée Générale du CNAJEP du 15 décembre 2005 fera le point sur les réponses du gouvernement et les actions conduites.

Paris, le 18 novembre 2005
Pour le CNAJEP, Le président Jacques DEMEULIER

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. Banlieues : les vraies urgences – Communiqué commun (13/11/05)
On ne répond pas à une crise sociale par un régime d’exception. La responsabilité fondamentale de cette crise pèse, en effet, sur les gouvernements qui n’ont pas su ou voulu combattre efficacement les inégalités et discriminations qui se cumulent dans les quartiers de relégation sociale, emprisonnant leurs habitants dans des logiques de ghettoïsation. Elle pèse aussi sur ces gouvernements qui ont mené et sans cesse aggravé des politiques sécuritaires stigmatisant ces mêmes populations comme de nouvelles « classes dangereuses », tout particulièrement en ce qui concerne la jeunesse des « quartiers ».
Ce sont des années de politique centrée sur le tout sécuritaire qui sont en cause. Le sabotage des actions de prévention, l’asphyxie du monde associatif, la démolition de la police de proximité, la tolérance à l’égard des discriminations quotidiennes, notamment à l’égard des personnes étrangères ou supposées telles en raison de leur faciès, l’état d’une école qui ne peut réduire la ségrégation nous font mesurer aujourd’hui non seulement l’échec mais la redoutable nocivité de cette politique. Ce n’est pas seulement le langage du ministre de l’Intérieur, ce sont les actes de l’ensemble du gouvernement qui relèvent d’une logique d’apprenti sorcier.

Au-delà, c’est aussi l’incapacité des gouvernements successifs depuis des décennies à faire reculer le chômage massif, l’explosion de la précarité, la systématisation des discriminations racistes et territoriales, comme la politique d’affaiblissement des services publics et le recul des droits sociaux  qui apparaissent en pleine lumière aujourd’hui.
Les violences sont autodestructrices. Elles nuisent essentiellement à ceux dont elles dénoncent l’exclusion. Faire cesser les violences, qui pèsent sur des populations qui aspirent légitimement au calme, est évidemment nécessaire. Dans ce contexte, l’action des forces de l’ordre, qui doit s’inscrire dans un cadre strictement légal et ne pas conduire à des surenchères, ne saurait être la seule réponse. D’ores et déjà, nous devons ouvrir un autre chemin si nous ne voulons pas que se poursuivent ou se renouvelons les violences qui viennent de se produire. Seule une action collective permettra de définir les conditions d’une autre politique.

En premier lieu, nous n’acceptons pas que se poursuive l’état d’urgence. Recourir à un texte provenant de la guerre d’Algérie à l’égard, souvent, de français descendants d’immigrés, c’est leurs dire qu’ils ne sont toujours pas français. User de la symbolique de l’état d’urgence, c’est réduire des dizaines de milliers de personnes à la catégorie d’ennemis intérieurs. Au-delà, c’est faire peser sur la France tout entière et sur chacun de ses habitants, notamment les étrangers que le gouvernement désigne déjà comme des boucs émissaires, le risque d’atteintes graves aux libertés.
Nous affirmons solennellement que si, ce régime d’exception devait être prolongé, nous mettrions en oeuvre tous les moyens démocratiques dont nous disposons pour nous y opposer.
Nous souhaitons ouvrir une autre perspective que celle qui a conduit à l’impasse actuelle.. Ceci passe par la mise à l’ordre du jour de quatre exigences fondamentales : la vérité, la justice, l’égalité et le respect.
Ni le recours à des procédures judiciaires expéditives voire à une « justice d’abattage », ni le marquage de zones discriminées par une carte de l’état d’urgence ne sont conciliables avec l’objectif du rétablissement de la paix civile et du dialogue démocratique.

La République doit reconnaître, publiquement et par ses plus hautes autorités, que le sort de ces populations, les discriminations qu’elles subissent, sont de notre responsabilité collective et constituent une violation de l’égalité républicaine.

Cette exigence implique aussi que la vérité soit totalement faite sur les conditions dans lesquelles deux jeunes hommes sont morts à Clichy Sous Bois.
Restaurer la situation dans ces quartiers, c’est d’abord restituer la parole à leurs habitants. Des cahiers de doléance doivent être discutés, ville par ville, selon les principes de la démocratie participative entre représentants des habitants, associations, syndicats, élus locaux et représentants de l’Etat. Ils doivent être rendus publics.
C’est ensuite ouvrir une négociation collective, regroupant les mêmes participants, pour programmer des actions de rétablissement de l’égalité ce qui implique que la représentation nationale soit saisie d’une véritable loi de programmation et que cessent les mesures de saupoudrage ou pire encore les marques de mépris comme la transformation de l’apprentissage en mesure de relégation scolaire précoce. Une solidarité nationale authentique doit être au rendez-vous de la reconstruction du tissu social dans les banlieues.
C’est, surtout, mettre en œuvre, dans la réalité, une réelle politique nationale de lutte contre les discriminations et pour l’égalité des droits. Il doit être mis un terme sans délai à tous les discours insupportables et dévalorisants qui font des habitants de ces quartiers, des « racailles », des « barbares », des « sauvageons » ou des « fantassins d’un complot intégriste ».

Nous affirmons qu’il y a là une véritable urgence nationale : il faut substituer à l’état d’urgence policier un état d’urgence sociale, afin que les actes des gouvernants cessent de contredire la devise de la République.Signataires :
Les Alternatifs, Association des Tunisiens en France,  ATTAC, ATMF, Cactus républicain/La gauche, CEDETIM-IPAM, CGT, Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l'Homme en Tunisie (CRLDHT), Droit Solidarité, Fac Verte, FCPE , Fédération anarchiste, FIDH, FSU, GISTI, Les Oranges, Les Verts, Ligue des Droits de l'Homme, Lutte ouvrière (LO), Mouvement pour une alternative républicaine et sociale (MARS), Mouvement des jeunes socialistes (MJS), Mouvement National des Chômeurs et des Précaires (MNCP), MRAP, PCF, Rassemblement des associations citoyennes de Turquie (RACORT), Réseaux citoyens de Saint-Étienne, Réformistes et solidaires (ReSo), Syndicat des Avocats de France, Syndicat de la Magistrature, Union démocratique bretonne (UDB), UNEF, Union nationale lycéenne (UNL), UNSA, Union Syndicale Solidaires.

La LCR se joint à la démarche de ce texte, mais est en désaccord avec son quatrième paragraphe
.

LDH Fédération de Paris
fedeparis@ldh-france.org
www.75.ldh-france.org

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. Communiqué du Conseil d’administration de la Fédération des centres sociaux de France (5/11/2005)
Le réseau des centres sociaux et socioculturels de France fait le constat tous les jours et depuis longtemps de la violence de notre société qui discrimine, de la violence institutionnelle qu’est la mise en échec de jeunes de nos quartiers. Cela conduit certains d'entres eux à des actes intolérables que nous condamnons et qui agressent les cités et leurs habitants. Ce sont aussi des destructions suicidaires révélant une violence sociale qui empêche l'intégration et la réussite d'une partie de la jeunesse. L’automutilation des quartiers, le caillassage des pompiers, les atteintes aux biens des voisins, les morts n'entament en rien injustices et privilèges et renforcent même la ghettoïsation en œuvre depuis longtemps. Il est dangereux de se contenter de dénoncer ces actes : il est temps de traiter les graves questions qu’ils traduisent.

Qu’attendre quand on a le sentiment que rien ne permet d’échapper aux injustices sociales, à la discrimination constante, à l’échec scolaire et à l’absence de perspectives, à la pénalisation de la pauvreté, à l’évolution de ces phénomènes de violence engendrés par des facteurs complexes. Qu’attendre de jeux politiques électoralistes irresponsables ? Quel respect attendre quand la République renie ses valeurs ?

Le recours aux associations communautaires dans l'urgence et à court terme méconnaît la place des associations et des structures qui par leur action quotidienne développent des solidarités actives, permettent l'engagement bénévole et le travail de proximité. Il faut aussi regretter les logiques de financement par de multiples dispositifs successifs, changeants, et l’asphyxie budgétaire qui touche l'éducation populaire. Alors que la qualification des acteurs, la contractualisation et le soutien administratif auraient pu et pourraient encore faire évoluer l'intervention sociale, la prévention et l’animation nécessaires à notre cohésion sociale.

Présents dans la vie des quartiers, nous sommes prêts à nous interroger nous-mêmes dans notre responsabilité sociale, à comprendre cet échec, pour nous repositionner clairement sur notre projet collectif, citoyen, éducatif et développement des personnes et des groupes.

La Fcsf reste à l’écoute des Fédérations et des Centres qui sont exposés et soumis à cette actualité qui ne laisse inactif aucun de nos membres. Le réseau, dans les jours qui viennent appuiera les acteurs de terrain et engagera avec eux l'élaboration de propositions à la hauteur des questions soulevées.

La Fcsf est prête également à participer à un grand mouvement associatif avec une relance de l’accompagnement et de la reconnaissance des projets des personnes et des groupes - en priorité des jeunes – avec un plan de mobilisation et de formation inter réseaux des animateurs et des bénévoles engagés dans nos structures.

Notre expérience collective conduit à ne souscrire à aucun discours populiste et d’abord la nième exploitation de l’ostracisme envers les immigrés. Elle nous conduit également à ne pas tout attendre des solutions d’en haut par la seule rallonge de moyens (emplois aidés et autres).

L’urgence est de progresser ensemble, dans un travail permanent, de redonner à tous les habitants leur plein statut d’acteurs citoyens, de relancer les projets et les équipes de développement social local, en conjuguant action locale et réflexion de fond, en partenariat avec les collectivités pour mettre enfin réellement au cœur de l'action la participation de tous les habitants. La société civile, riche de ressources dans les territoires, peut agir pour un développement social des personnes et des territoires.

Le CA de la Fcsf, réuni le 5 novembre 2005

Fdcs – 10, rue Montcalm BP379 – 75869 Paris cedex 18 – Tél. 0825 826 244 – email : fcsf@centres-sociaux.asso.fr

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. Lettre ouverte aux associations – Collectif des assos en danger du 93 (11/2005)

Créé en 2003 à l’occasion du gel des crédits du Fasild, le collectif des associations de Seine-Saint-Denis a lancé, fin 2004, un appel à la mobilisation « Associations en danger, Quartiers en danger ».
En lançant cet appel, le collectif décidait de réagir face aux difficultés budgétaires et financières que les associations ne cessent de rencontrer :
– Réorientation du Fasild et réduction de ses financements
– Annonce de gel et réduction des crédits FIV
– Réduction de 30 à 50 % des financements Jeunesse et Education Populaire
– Suppression des emplois-jeunes, accélération de sortie de dispositif
– Menace sur les emplois adultes-relais
– Baisse des crédits de droit commun, tel le PRAPS (DDASS)

La liste n’est pas exhaustive et l’on peut ajouter à cela :
– Le paiement tardif des subventions qui place les petites associations dans des situations absolument intenables
– Les inquiétudes liées au devenir des contrats de ville au regard des choix retenus par la loi de cohésion sociale
– Et l’irritation engendré par le souci qu’ont les pouvoirs publics de remplacer un dispositif par un autre, compromettant de fait la pérennisation du travail entrepris et qui fait ses preuves.

On pourrait se laisser leurrer à l’écoute des discours qui ne cessent de vanter l’intérêt du travail réalisé par les associations.
Mais il faudrait alors être dupe des conséquences des mesures qui sont prises et qui s’apparentent davantage au démantèlement du tissu associatif plutôt qu’au renforcement de ses moyens d’actions, à sa pérennisation.

Mais au delà de ces coups de boutoirs que chaque association reçoit dans son coin, ce qui motive notre volonté de réagir ensemble c’est la nécessité absolue de poser la question du sens « politique » de tout cela, dans un contexte global qui semble vouloir laisser totalement la voie libre au rouleau compresseur libéral et à son avatar, l’individualisme débridé.

Si l’on ne donnait plus aux associations les moyens qui leur permettent de prendre des initiatives d’actions et d’innovations, pas uniquement pour prolonger les politiques publiques, mais pour intervenir en amont d’elles, pour intervenir là où la force institutionnelle n’a pas ou plus prise,

Si les moyens de l’action des associations se réduisaient à n’exister que là où les pouvoirs publics demandent de la régulation et du control social,

Alors ne serions nous pas en total décalage par rapport à notre raison d’être ?

A moins que justement, notre raison d’être étant autre, c’est la raison pour laquelle nous subissons ces coups de boutoirs ?

Nous sommes convaincus qu’en portant atteinte de la sorte aux associations de proximité (mais les « grandes associations », fédérations et autres regroupements, ne sont pas hors d’atteinte, il n’y a qu’à lire la presse pour le savoir ), nous sommes convaincus que c’est une remise en question du fait associatif que nous vivons,

Ce fait associatif qui contribue et travaille à une société solidaire qui ne laisserait pas sur le bord de la route les plus fragilisés,
Ce fait associatif qui par nature s’oppose à ce qui est développé actuellement par les pouvoirs publics, plus précisément par l’Etat, à savoir la mise à sac d’un modèle économique et social dont les pouvoirs publics ne veulent plus, celui de l’Etat Providence.

C’est en ce sens que nous déclarons que notre action se veut « politique ».
Cette dimension politique de l’action du collectif du 93 nous conduit à interpeller les élus et représentants des citoyens, en charge des affaires publiques, pour s’opposer fermement à la casse qui est entreprise, sous prétexte d’assainissement de gestion et de réduction des dépenses publiques.

A cette fin, le collectif a déjà mené plusieurs actions, la dernière étant le pique-nique de contestation organisé sur le parvis de la Préfecture de Bobigny, le 22 juin dernier.
A l’occasion de cette manifestation nous avions annoncé que notre mobilisation reprendrait à la rentrée avec l’organisation d’une rencontre au niveau régional, un collectif d’associations de Paris ayant souhaité se joindre à nous et faire signer le même appel à mobilisation .

Le collectif de Seine Saint-Denis travaille actuellement à la préparation de cette initiative.
Il s’agit aujourd’hui de se mobiliser et de se battre collectivement afin que les valeurs que nous défendons par le biais de nos associations ne soient pas bafouées et foulées aux pieds d’un libéralisme forcené.
Au-delà de ce que chacun se doit d’entreprendre individuellement pour l’association dans laquelle il est engagé, l’heure n’est plus à l’action isolée, que l’on soit déjà menacé ou conscient du fait qu’on le sera bientôt.

Nous invitons toutes les associations, leurs responsables, bénévoles, salariés, usagers, qui retrouvent leurs préoccupations dans notre démarche, à signer l’appel, à nous rejoindre, pour augmenter notre force de réaction et d’opposition et de proposition.

Association Communautaire Santé Bien Etre, Association des Femmes de Franc-Moisin, Les Enfants du Jeu : associations dionysiennes engagées dans le collectif des associations du 93.

L’appel est en ligne à l’adresse : http://collectifassosdu93.monsite.wanadoo.fr/

Vous pouvez le signer en vous signalant à l’adresse suivante, en précisant vos coordonnées : fol93@wanadoo.fr

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. « Réagir face aux violences urbaines » (Déclaration du CA de l’inter réseaux DSU – 8/11/2005)

600 professionnels chargés de la politique de la ville, regroupés au sein de l’inter réseaux DSU, travaillent tous les jours avec les acteurs de terrain à l’apaisement dans les quartiers et lancent un appel pour que le retour au calme se fasse dans le respect de la loi, le respect des personnes et dans la dignité.

Trois messages d’espoir permettraient pour nous de sortir par le haut de la crise:

REDONNER DE L’ESPOIR AUX HABITANTS
On n’avancera pas durablement si on ne travaille pas davantage avec les habitants, afin qu’ils renforcent leurs capacités individuelles et collectives et maîtrisent leur devenir. Développer la démocratie participative est fondamental pour restaurer une citoyenneté responsable et une solidarité active.
Sur les actions associatives, le désengagement de l’état depuis 2 ans dans le soutien aux initiatives locales est perçu comme un abandon sans que les collectivités n’aient été préparées à prendre le relais.
Nous demandons que la décision du Premier Ministre de rétablir les crédits aux associations s’inscrive dans la reconnaissance d’un partenariat sur le long terme.

LUTTER CONTRE LES DISCRIMINATIONS
La mise à l’écart qui touche des millions de nos concitoyens dans la recherche d’un logement ou d’un emploi nécessite une mobilisation de toute la société.
Cette action positive doit être au cœur de l’ensemble des politiques publiques de l’état et des collectivités territoriales pour que son exemplarité mobilise les entreprises et les citoyens.

RENFORCER ET ADAPTER LES SERVICES PUBLICS SUR LES TERRITOIRES
Il est plus que jamais nécessaire que le droit commun des services publics prenne le relais des expérimentations pour répondre aux enjeux sur l’éducation, l’emploi et la formation, le logement et la sécurité. La LOLF devrait permettre d’aller dans ce sens.
Pour nous, la tendance actuelle des institutions qui confortent chacune leur pré carré nuit à la réussite collective de l’action publique.

DONNER DU SENS A DES PROJETS SOLIDAIRES DE TERRITOIRE
C’est à partir du territoire, d’un dialogue réaffirmé avec les habitants, d’un travail partagé entre l’état, les collectivités territoriales, les associations et les professionnels des services que se construiront des projets concrets, inscrits dans un contrat, engageant réellement chacun dans la durée.
C’est à ce prix que le « Vivre ensemble pour faire société » restera possible.CA de l’inter réseaux DSU– Le 8 novembre 2005.

Contacts:
Alain ARNAUD, président – Tél. 04 77 10 19 80 – email : alain.arnaud@sivo-ondaine.fr
Etienne VARAUT, vice-président – Tél. 01 48 96 21 46 – email : contrat.ville@ville-bobigny.fr

• Télécharger la déclaration au format .doc

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. Communiqué des Ceméa (04/11/2005)

Voici, comme le dit un quotidien du soir, que « les banlieues flambent ». Heureusement ce n’est pas le cas.
La guerre civile sur fond de guerre sociale n’est pas déclarée, encore qu’il ne faille pas jouer avec les mots et accepter d’appeler « émeutes juvéniles urbaines » ce qui se passe actuellement chaque nuit dans le nord de l’agglomération parisienne.

Personne ne se satisfera de ces poussées de violence, d’exacerbation des comportements, de ces terribles mises en risque d’eux-mêmes développées par les jeunes qui en sont les auteurs. Personne ne satisfera non plus de la mise en religion de ce conflit, étrangers donc arabes donc musulmans contre français donc chrétiens. Pas plus qu’on ne se satisfera de la relance de poussées racistes contre « ces jeunes qui n’ont
qu’à rentrer chez eux ».

Reste cette explosion de misère humaine et sociale qui ne demandait qu’à se révéler quel qu’en soit le déclencheur. Trop de mépris vécus, de rejets, de racismes quotidiens, de sentiments d’exclusion, de contrôles policiers répétitifs et provocateurs, d’impossibilités de vivre ses rêves adolescents… Des mots font alors tout exploser : karcher, racailles… Nous avions déjà connu les « sauvageons », tout aussi méprisants.

Nous connaissons bien ces « jeunes des cités » par nos militants, professionnels de jeunesse et d’action sociale. Nous les connaissons bien également parce que nous les accueillons dans des formations qualifiantes à l’animation et au travail social, et dans des stages d’insertion. Nous connaissons leurs
richesses, leurs volontés d’action, leurs attentions aux « petits », les actions dynamiques et novatrices qu’ils génèrent. Nous savons aussi pour certains leurs ambivalences, à la fois modèles d’insertion et acteurs de délinquance, et pour beaucoup d’entre eux leur manque de confiance dans le modèle républicain d’insertion et de réalisation de soi qui leur est proposé. Nous connaissons au quotidien les emprises des extrémismes religieux, le poids des simplismes sociaux de victimisation, et le poids inverses des illusions du « quand on veut on peut », glorification de la négation des pesanteurs sociales, économiques, spatiales et culturelles.

Nous savons également le triste état du système social d’accompagnement de ces cités : animateurs non formés, travailleurs sociaux en nombre insuffisant, services publics utilisés comme stages initiatiques et de détestation pour jeunes professionnels, absence de réelles politiques de jeunesse prenant en compte les réalités de ces jeunes et absence de moyens réels de ces politiques quand elles balbutient.

Et nous voyons actuellement une seule position de l’Etat, facile, simpliste, martiale et répressive, celle de l’emploi de la force comme seul moyen de régulation des tensions. Le ministre chargé de la sécurité publique occupe seul le devant de la scène et dit ce qui doit être fait en matière éducative et sociale dans le silence à ce jour assourdissant des ministres ayant en charge la Jeunesse et les politiques sociales. Le champ est alors laissé libre aux logiques de coercition, de répression et d’enfermement où les seuls emplois créés seront ceux de gardiens de prisons pour jeunes.

Comme mouvement d’éducation, les CEMEA appellent alors à raison garder et interpellent les ministres ayant en charge la Jeunesse et le social pour que s’arrête la spirale absurde alimentant les émeutes de jeunes.

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Ceméa – Association nationale
24, rue Marc Seguin 75883 Paris Cedex 18
Tél. 01 53 26 24 24 – Fax. 01 53 26 24 19

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.Communiqué de presse du CNAJEP (04/11/2005)

Les évènements de ces derniers jours dans certains quartiers de la région parisienne sont aussi la caisse de résonance de difficultés rencontrées par de nombreux jeunes de notre pays : difficultés d’accès à l’emploi, à un logement, à l’éducation, à la citoyenneté.

Des associations de jeunesse et d’éducation populaire avec d’autres associations en tant que relais de l’action publique agissent par des actions de proximité auprès des jeunes et de leurs familles dans les quartiers et sur l’ensemble du territoire français rural et urbain : accompagnement à la scolarité, action d’insertion sociale et professionnelle, centres de vacances et de loisirs, formation à la citoyenneté, foyers de jeunes travailleurs…

S’il faut dénoncer et combattre les excès de violence, notre pays doit s’engager dans une politique ambitieuse et à long terme en direction de la jeunesse pour ne pas laisser se dégrader un contexte social propice à de telles situations de violence.

Le CNAJEP a, à plusieurs reprises, alerté le gouvernement sur les dangers que représentait la baisse brutale et massive en 2004-2005 des crédits aux associations de jeunesse et d’éducation populaire pour la cohésion sociale de notre pays.
A l’heure où est voté le projet de loi de finances 2006 pour la jeunesse et la vie associative, le Parlement saura-t-il défendre les moyens d’une politique ambitieuse et à long terme en direction de la jeunesse et, le gouvernement, de les respecter ?
Les associations de jeunesse et d’éducation populaire s’engagent quant à elles à continuer et renforcer leurs actions de proximité partout en France pour inventer avec et pour les jeunes un mieux vivre ensemble plus juste et plus confiant.

La délégation du CNAJEP qui sera reçue par Jean François LAMOUR le 10 novembre fera part de ces préoccupations et de ses propositions au Ministre.

Pour le CNAJEP,
Le Président
Jacques DEMEULIER

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Comité pour les Relations Nationales et Internationales des Associations de Jeunesse et Éducation Populaire
15, passage de la Main-d'Or 75011 PARIS – Tél : 01.40.21.14.21 – Fax : 01.40.21.07.06
e-mail : cnajep@cnajep.asso.fr

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. Agir ensemble pour une société plus solidaire
Depuis plus d’un siècle, notre pays possède UN TISSU ASSOCIATIF RICHE ET DIVERSIFIE garant de l’intérêt général aux côtés du Service Public. Les associations, recèlent un potentiel de novation, d'expérience et d'expertise, une approche spécifique de la connaissance. Ce potentiel est ouvert aux critiques et au dialogue constructif.

Une part importante d’associations participe à l'élaboration des politiques de jeunesse et d'éducation populaire.
L’éducation populaire, un outil ouvert sur le changement et la promotion des individus, c’est d’abord le développement de capacités d'écoute, le partage des savoirs, la solidarité entre générations et la POSSIBILITE POUR CHACUN D’ETRE ACTEUR ET AUTEUR DE SON DEVENIR, avec et pour les autres dans l'intérêt général.

LES ASSOCIATIONS DE JEUNESSE ET D’EDUCATION POPULAIRE sont actives dans des champs tels la culture, les loisirs, les vacances, l’éducation, la solidarité, le social, l’insertion, le développement local urbain et rural, les échanges internationaux, la formation.

Toujours au service de l’homme et du citoyen, des milliers de bénévoles et de salariés s’y investissent, avec un moindre coût et une valeur sociale ajoutée. Ils gardent ces activités ouvertes à tous et construisent, avec ceux qui en bénéficient, une société plus solidaire.

> Face au mythe de la seule réussite individuelle, l’éducation populaire propose l’apprentissage par l’expérience collective, le développement de la personne dans la rencontre des autres.
> Face à l’éphémère et au virtuel, l’éducation populaire invite à l’engagement et à la responsabilité par la prise en compte de situations réelles ancrées dans la vie quotidienne.
> A la recherche du profit par la rémunération du capital, l’éducation populaire répond projets collectifs à but non lucratif reposant sur l’investissement des bénévoles.

Les associations de jeunesse et d’éducation populaire constituent UNE CHANCE POUR NOTRE SOCIETE : elles contribuent à la construction d’une démocratie de participation en créant les conditions pratiques d’une autonomie réelle des jeunes et d’un lien intergénérationnel responsable.

Les associations de jeunesse et d'éducation populaire s'inquiètent et s'indignent..
… face à la suppression de subventions ou au gel des aides publiques et à la remise en cause des politiques de soutien à l'emploi associatif.

… face à la domination et à la survalorisation d'une société marchande et à l’offensive libérale sans précédent lancée contre la vie associative.

Elles regrettent le manque de propositions, de projets et d’actes politiques dans les domaines de la jeunesse et de l’éducation. Elles expriment leurs craintes face à l’évolution d’une décentralisation pour laquelle le secteur associatif a été peu consulté, alors qu’il est un des acteurs de la formation à la citoyenneté.

Les mesures annoncées mettent en danger l'ensemble des projets soutenus par les associations et les fédérations d'éducation populaire. Bon nombre d'entre elles sont d'ores et déjà en difficulté : des services rendus au plus grand nombre pourraient à terme disparaître!

LES ASSOCIATIONS DE JEUNESSE ET D’EDUCATION POPULAIRE APPELLENT DONC SOLENNELLEMENT L'ATTENTION DES CITOYENS ET DES POUVOIRS PUBLICS SUR LES INCERTITUDES ET LES MENACES QUI PLANENT SUR LEURS PROJETS.
LE POTENTIEL QU'ELLES REPRESENTENT NE PEUT ETRE IGNORE ET DOIT ETRE VALORISE SUR TOUS LES TERRITOIRES.

Elles réaffirment :
> leur attachement à une véritable politique de Jeunesse et d'Education Populaire tout au long de la vie.

> la nécessité de soutien au monde associatif, dans son ensemble, en tant qu'interlocuteur et acteur des Politiques Publiques nationales et territoriales.

Elles choisissent de valoriser :
> l'éducation, l'innovation, la culture et l'intervention sociale pour et avec les enfants, les jeunes et les adultes en les plaçant dans leurs projets.

> la formation à la prise de responsabilités et l'engagement, aussi bien individuel que collectif au services d'actions d'intérêt général.

Les associations de jeunesse et d’éducation populaire savent être responsables, mesurent l'enjeu des changements à accomplir et n'ont ni la capacité, ni la volonté d'agir seules. Elles souhaitent revenir à ce qui doit prévaloir : un engagement, des propositions et des actions pour l'éducation de tous dans le cadre de politiques de qualité. Elles sont donc prêtes à s’engager pour des transformations socialement utiles, solidaires, éducatives et culturelles.

A ce titre, la vie associative est une part de notre avenir. Les questions de jeunesse et d’éducation populaire y sont centrales.

DECLARATION - CNAJEP
Comité pour les Relations Nationales et Internationales des Associations de Jeunesse et Éducation Populaire
15, passage de la Main-d'Or 75011 PARIS – Tél : 01.40.21.14.21 – Fax : 01.40.21.07.06
e-mail : cnajep@cnajep.asso.fr

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Articles de presse

. Les associations ne veulent pas être des pare-feux - Par Adjera Lakehal-Brafman, directrice de l’Association des femmes des Francs-Moisins, Véronique Devriendt et Nadège Haberbusch, codirectrices de laludothèque Les enfants du jeu, Didier Ménard, médecin et président de l’Association Santé bien-être, Hélène Zeitoun, directrice de l’Association Santé bien-être.
L”Humanité - (25/11/2005)

Il aura fallu la violence exprimée ces dernières semaines par une certaine partie de notre jeunesse pour que l’État déclare avoir entendu ce que les associations n’ont cessé de dénoncer depuis des années : l’abandon de la périphérie des villes à l’inégalité des droits, au mépris et à la précarité. À quoi cela sert-il de faire des rapports d’activités, de faire des évaluations, de participer à des études, de prendre la parole dans les colloques que le gouvernement organise, si ce qui est dit est si ouvertement méprisé ?

Depuis des années, nombreuses et multiples sont les voix qui alertent sur le délitement social, sur la souffrance que génère l’exclusion et la violence qu’engendre l’inégalité des droits. Comment le plan de cohésion sociale pourra-t-il prétendre prendre en compte les problèmes des banlieues s’il demeure hermétique à l’expression de la réalité. Aujourd’hui, la réponse de l’État avec les « 100 millions d’euros » annoncés, ne peut réparer à elle seule le manque de cohésion sociale dont il fait preuve depuis des années. Nous ne voulons plus de promesses événementielles, celles qui arrivent pour éteindre l’incendie qui couvait depuis des années. La colère des jeunes est aussi la nôtre, acteurs associatifs qui voyons nos actions menées et surtout malmenées au gré des dispositifs déployés ou supprimés au rythme des alternances politiques : les emplois-jeunes supprimés que l’on voudrait aujourd’hui remplacer par des CAE, contrat d’accompagnement vers l’emploi, et des « contrats d’avenir », les adultes relais condamnés à disparaître il y a quelques mois et dont le nombre va soudainement doubler suite à la révolte urbaine.

Les associations agissant dans les banlieues construisent avec les habitants des projets qui inventent des alternatives au mal-être, à la souffrance. Elles n’ont pas pour vocation première d’être les prestataires de l’État pour mettre en place des politiques qui sont faites pour palier à la crise des institutions. L’action des associations doit pouvoir s’inscrire dans la durée. Les appels à projets donnant droit à des subventions sont fréquemment en décalage voire en contradiction avec nos actions car construits sur la base des représentations, souvent fausses, que les institutions ont de la vie dans les quartiers difficiles. De fait, nous devons adapter nos projets au risque de les sacrifier.

L’accompagnement que nous faisons est celui qui permet à la personne de construire ou retrouver l’estime de soi afin qu’elle puisse prendre sa place dans le groupe social. C’est pour cela que les associations conjuguent en permanence actions individuelles et actions collectives. Et que dire du travail de transversalité qui associe le médical au social, au psychologique, au culturel, à l’éducation.
Or, nous sommes en permanence face à l’incompréhension des administrations qui ne subventionnent que ce qui relève de leur domaine, alors que l’innovation serait de décloisonner. L’exemple des adultes relais illustre parfaitement les incohérences qu’il nous faut affronter. Le dispositif « adulte relais » a été adopté fin 1999, et dès 2000 beaucoup d’associations ont mis en oeuvre ces emplois. Voici un dispositif qui a su innover en validant un nouveau métier, celui de la médiation sociale, culturelle et de santé, qui se trouve être parfaitement adapté aux problématiques d’accès aux droits dans les cités. L’idée de départ est de mobiliser les compétences des habitants. La communauté des personnes possède des richesses qui sont habituellement peu ou pas utilisées. Il y a toujours dans cette communauté des personnes, le plus souvent des femmes, qui sont dans la relation d’aide à l’autre. Elles savent accompagner l’autre, elles savent décrypter le fonctionnement des institutions, elles sont efficaces pour organiser la solidarité.

Les associations ont proposé d’enrichir ces savoir-faire et ces savoir-être en formant ces personnes à la connaissance des dispositifs légaux afin, qu’en amont de l’institution, elles aident les habitants à faire valoir leurs droits sociaux. Et cela marche. Les évaluations faites ont montré la pertinence de cette innovation. Malgré cela, avant l’été, les pouvoirs publics nous ont confirmé la suppression des adultes relais, par le non-renouvellement des conventions en cours, et ce sans raison très clairement annoncée ; raisons budgétaires dit-on dans les ministères. L’État nous proposait alors de remplacer ces emplois qualifiés (ainsi que leur titulaire, des personnes expérimentées et formées) par de nouveaux contrats aidés, les CAE. Ces contrats d’accompagnement à l’emploi sont des contrats précaires (deux ans maximum) qui visent à permettre l’insertion professionnelle de personnes ayant des difficultés à trouver un emploi. De surcroît, les associations employeurs auront entièrement à leur charge la formation de ces personnes. Cela signifiait que nous allions devoir licencier des personnes ayant acquis les savoirs de la médiation, et recommencer à zéro le travail de proximité.

Aujourd’hui, après la crise que nous venons de connaître, l’État décide de doubler le nombre de ces mêmes adultes relais ! C’est cela que nous nommons l’inconséquence des politiques menées. Nous disons à Monsieur Borloo que nous sommes plus que jamais mobilisés pour construire la cohésion sociale, mais il doit revoir sa copie car il ne pourra pas conduire son plan en mettant les associations dans la précarité. Il ne pourra pas conduire son plan en supprimant les emplois qualifiés de la médiation et les autres emplois de proximité qualifiés par le dispositif emplois-jeunes. Il ne pourra pas conduire son plan si la prise en compte du fait associatif n’est pas inscrite dans un contexte global où prime l’insertion sociale, le retour à l’emploi, l’éducation, la santé et l’égalité des droits.

Nous disons à Monsieur le premier ministre, pour que vos déclarations ne soient pas considérées comme un effet d’annonce, commencez par prendre une décision essentielle et de simple bon sens : prenez les mesures d’urgence qui permettront que soient débloquées, avant la fin de l’année, des avances de trésorerie sur l’exercice 2006. Vous stopperez ainsi l’hécatombe associative car, vous l’avez reconnu, depuis plusieurs années nous subissons des baisses de subventions qui nous ont menés à l’asphyxie budgétaire. De très nombreuses associations n’ont pas la trésorerie nécessaire pour pouvoir engager leurs actions l’année prochaine. Cette situation d’urgence prise en compte et traitée comme il se doit, nous pourrons alors espérer que vous avez réellement été à l’écoute de ceux que vous déclarez comme indispensables à la cohésion sociale.

Enfin, les associations attendent que leur expertise soit reconnue dans la manière dont les financements leur sont attribués. Nous voulons que l’actuelle manière de faire soit inversée : nous proposons aux institutions nos projets, qui sont adaptés aux réalités des populations, et les institutions financent les projets dans la durée. Nous pourrons alors ensemble parler de progrès social.

(*) Ces associations sont membres du collectif des associations du 93, Associations en danger, quartier en danger.

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. Jeunesse et éducation populaire : le CNAJEP "se mobilise pour défendre l'action des associations" – Dépêche AEF n°58086 (17/11/2005)

Jeunesse et éducation populaire: le CNAJEP "se mobilise pour défendre l'action des associations"Il faut "tordre le cou à certains stéréotypes" selon lesquels "nos associations ne seraient pas sur le terrain", déclare Jacques Demeulier, président du CNAJEP (Comité pour les relations nationales et internationales des associations de jeunesse et d'éducation populaire), hier, mercredi 16 novembre 2005. Le CNAJEP lance une mobilisation nationale et territoriale du 14 au 30 novembre auprès des "usagers, des parents, des jeunes...". 2005 a été une "année noire", déclare Jacques Demeulier, qui dénonce la baisse des moyens aux associations: baisse des subventions, suppression de "deux tiers des crédits mis à disposition pour la formation des bénévoles", menace sur les postes FONJEP...

"Nous demandons que les 66 CPO (conventions pluriannuelles d'objectif) soient remises au travail, la garantie que les dépenses et recettes du projet de loi finances 2006 ne subiront pas de gels, et l'étude de l'exécution du budget 2005", poursuit le président du CNAJEP, dont une assemblée générale extraordinaire du 29 septembre 2005 avait voté "[la relance] de la grève du zèle au sein des instances initiées par le MJSVA, [la relance] de l'interpellation des parlementaires et des élus locaux en étant particulièrement attentifs aux analyses budgétaires 2005 et 2006, [et la réflexion sur] des moyens permettant de mobiliser les bénéficiaires de ses actions". "Nous ne demandons pas seulement des moyens, mais aussi de la confiance et des perspectives", poursuit Jacques Demeulier.

CENTRE NATIONAL D'APPUI ET DE RESSOURCES POUR L'ÉDUCATION POPULAIRE
"Sans doute devons-nous mieux expliquer ce que nous faisons", explique Jacques Demeulier, alors que le CNAJEP travaille à l'élaboration d'une charte, qui devrait être finalisée lors de son assemblée générale de décembre 2005 (L'AEF du 17/06/2005, 53951). "L'éducation populaire est un outil ouvert sur le changement qui offre à chacun la possibilité d'être acteur de son devenir. Elle propose l'apprentissage par l'expérience collective, elle invite à l'engagement et à la responsabilité, elle représente une force sociale organisée fortement impliquée dans la vie sociale et culturelle du pays, dans le développement économique du pays, à chaque niveau du territoire", estime-t-il.

Autre annonce: des représentants associatifs, notamment issus du CNAJEP, de la CPCA (Conférence permanente des coordinations associatives) et de la JPA (Jeunesse au plein air) devraient rencontrer des membres du cabinet de Jean-François Lamour et de Jean-Louis Borloo mercredi prochain pour évoquer le principe d'une conférence sur la vie associative. Par ailleurs, à l'issue d'une récente convention, le CNAJEP "en lien étroit avec le FONJEP (Fonds de coopération de la jeunesse et de l'éducation populaire)", va créer un CNAR (Centre national d'appui et de ressources) dédié à la jeunesse et l'éducation populaire, se félicite Jacques Demeulier. Cette convention est signée par la Caisse des dépôts et consignations, la DEF (délégation emploi formation du ministère de la Jeunesse, des Sports et de la vie associative) et la DGEFP.

Contact: CNAJEP, 01 40 21 14 21
Paris, Jeudi 17 novembre 2005
Catherine Buyck, AEF

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. Je suis une racaille, par Marc Hatzfeld - Lemonde.fr (10/11/2005)
Je fais partie de ceux qui observent le déroulement des événements de Clichy-sous-Bois avec un mélange d'inquiétude et de secrète impatience. C'est bien sûr l'inquiétude qui prévaut car on sait les effets des émeutes urbaines sur les habitants des cités qui les ont déclenchées et subies à la fois. Au-delà des dégradations considérables de leur environnement immédiat, c'est pour les habitants des cités en flammes, la crainte qu'un des leurs ne prenne pour de bon une grenade en plein visage, qu'il soit attrapé et reçoive pour l'exemple la punition collective, que la cité soit mise sous surveillance pendant les années à venir et que l'adresse à laquelle on habite en devienne plus infamante que jamais. Toutes les cités qui ont été l'objet du zoom télévisuel lors de ces lumineuses batailles du soir souffrent dix ou quinze ans plus tard des effets dégradants sur leur existence quotidienne d'une attention médiatique éphémère. Nous savons surtout fort bien que le mécanisme de la relation de l'action politique à sa qualification est tel que, tant que ces émeutes ne prendront pas la figure superbe d'une révolution que seul son succès politique légitimerait, ce sont les habitants des cités dans leur ensemble et ceux qui ont agi en particulier qui en paieront les frais par des peines de prison et un opprobre accru pour des actes forcément coupables, nécessairement coupables. La matière des révolutions qui changent le sort des hommes est faite des soubresauts de révoltes sauvages et incertaines. L'impatience secrète repose donc - et en revanche - sur l'espoir qu'en dépit des souffrances prévisibles, peut-être, enfin quelqu'un prendra au sérieux le risque pris par les jeunes de Clichy et d'ailleurs pour faire entendre une colère qui dépasse largement la mort tragique de leurs amis.

Il est en effet difficile de ne pas voir dans ces émeutes le moment à peine plus aigu d'une révolte annoncée depuis longtemps et toujours différée par l'habile maîtrise par l'Etat d'une pondération subtile de la logique policière et de procédures sociales. Depuis quarante ans, l'Etat joue avec brio de cette perverse combinaison qui maintient la tension sociale à un niveau précisément tolérable. Commençons par la logique policière.
La première mesure de logique policière a été de bâtir les cités d'habitat social à l'écart des villes. Bien sûr, un boulevard de bonnes intentions menait à ce projet urbain radical : on allait construire des logements confortables et hygiéniques pour les familles populaires, on allait même mêler ces familles avec la classe moyenne française dans deux intentions fort généreuses, l'une de mixité sociale et l'autre d'accès à la propriété. Mais quelques sentiments malins ont vite eu raison de ces belles promesses. La peur des rouges à une époque de guerre froide a d'abord justifié que l'on préfère installer un peuple alors fort turbulent à l'écart des centres urbains. Puis lorsque ces cités se sont remplies d'une immigration économique et exotique racolée par les industriels, un consensus silencieux s'est fait pour persévérer dans cette mise à l'écart topographique qui offrait l'avantage d'ignorer ce que faisaient ces gens-là dans leurs tours de béton et d'en éviter la pénétration dans les centres villes opulents. Pour la première fois dans l'histoire des villes, on bâtissait pour les pauvres des caricatures urbaines dans des lointains, installant ces pauvres dans des situations d'exil ou de relégation comme l'ont noté quelques analystes courageux : de la punition préventive de fait.

La seconde manifestation de logique policière a été, pendant près de trente années, la diffusion par un concert des médias et des politiciens nationaux, d'une sourde rumeur prétendant à la dangerosité des populations habitant les cités. Dès les premiers succès électoraux du Front national, la mouvance néo-gaulliste d'abord, puis la mouvance de gauche lors d'un fameux congrès d'Epinay, ont considéré que l'électorat indécis méritait bien l'entretien savant d'une confusion entre le sentiment d'insécurité et une réelle dangerosité. Il en est résulté l'escalade verbale puis législative à laquelle tous les gouvernements et beaucoup de média ont contribué, nourrissant d'inquiétudes supplémentaires à chaque fait divers une peur construite de toutes pièces. Pendant toute cette période et jusqu'à aujourd'hui, l'impression a prévalu qu'une grande part de la population des cités vivait de rapines, de vente de drogues, d'escroqueries, bref que ce n'étaient que tricheurs, voleurs, bagarreurs et bonimenteurs méritant que l'on envoie la brigade anti-criminelle ou les CRS sur chaque incident. Les effets de cette surenchère ajoutent à l'isolement des populations des cités : beaucoup plus que les autres habitants du pays, ils subissent le chômage ravageur d'une société qui n'offre d'opportunités de travailler que dans l'introuvable emploi salarié. La peur a maintenant largement contaminé l'emploi : les chances de trouver un emploi lorsqu'on est un garçon d'origine maghrébine ou africaine et que l'on avoue habiter aux Bosquets ou aux Trois-mille sont quasi nulles. Venant d'une autre cité avec le même visage, les chances sont infimes. On essaie toujours quelques mois, mais on adopte alors par nécessité et par dépit le profil que la rumeur vous assigne : on dénigre, on renonce, on décroche, on enrage, on se débrouille autrement. Un chômage massif combiné avec le discours sécuritaire indiscuté ont créé les conditions d'un désespoir devenu total, désespoir soutenu par les échecs scolaires, les refus du droit de vote, la désertion des partis politiques du terrain des cités et les flonflons égalitaires des discours électifs.

En regard de la logique policière, l'Etat social a mis au point ce qu'il appelle lui-même ses filets de sécurité, une architecture extrêmement complexe de dispositifs allant des allocations familiales, de parent isolé, de handicapé ou de logement aux indemnisations du chômage et aux protections de la Sécurité sociale - sans omettre bien sûr les considérables investissements de la politique de la ville depuis 1982. Il ne fait pas de doute que, faute de ces allocations, aides, soutiens financiers et techniques, les habitants des cités auraient la faim au ventre et seraient soumis à des tentations encore plus transgressives. Cependant notre vieille tradition caritative est encore vivace : on ne pouvait et on ne peut laisser ces quelque huit à dix millions de personnes sans ressources. Mais les effets pervers de ces mesures très précisément dosées pour éviter le pire tout en maintenant la tension sont aussi dévastateurs à terme qu'ils sont indispensables dans l'instant. Aucun discours ne manque de souligner que ces aides sont conditionnelles et que les populations qui en bénéficient sont faites d'assistés, traduisez de nuls.

La surveillance, la suspicion, les vexations verbales et administratives qui accompagnent les dispositifs prennent la forme d'un harcèlement moral de tous les instants. Sans cesse il faut ajuster son discours aux exigences de la mesure, prouver sa détresse, simuler souvent, mentir parfois, se plaindre explicitement, faire la queue des heures et attendre des mois - voire des années - des promesses de logement ou d'emploi lâchées comme des aumônes. Chaque habitant pauvre de la banlieue se reconnaît sans équivoque dans les réprimandes à l'assistanat proférées par les donneurs de leçons depuis leurs confortables arrondissements. La honte majeure étant d'ailleurs de faire vivre sa famille non de son travail mais de l'aumône instituée.

Les filles des cités, plus courageuses souvent et plus enclines aux compromis, évitent parfois les affres des échecs scolaires, les refus à l'embauche et les files d'attente des Assedics ; mais les garçons tombent souvent dans un piège auquel il est difficile d'échapper. A force de rejets, ils refusent en bloc le système qui ne leur laisse le choix qu'entre l'humiliation et la soumission. Ils tournent en rond dans la cité comme des fauves blessés.
Pourtant, tous ceux qui vivent dans les cités, tous ceux qui s'y intéressent de près savent que la très grande majorité des habitants des banlieues française, jeunes et moins jeunes, femmes et hommes de toutes origines, est fidèle à l'ordre dit républicain, fort éprise et fière de la France, attachée à la loi dont elle attend les mêmes vertus éducatives et protectrices que tout le monde, sincèrement adhérente même à la laïcité en dépit d'éventuelles racines confessionnelles.

Beaucoup des acteurs qui travaillent dans les cités qu'ils soient élus locaux, enseignants, policiers, juges ou éducateurs savent parfaitement la détermination des habitants des cités et en particulier des jeunes garçons, au fond de leur cour, de faire partie de cette France dont ils déplorent qu'elle ne sache pas leur parler et, plus par lâcheté d'ailleurs que par cynisme, qu'elle ne les considère pas. La plupart de ces acteurs et d'abord les maires de ces villes font ce qu'ils peuvent au jour le jour pour inviter, d'une façon ou d'une autre, les habitants des cités dans la Cité républicaine. Mais qu'on vienne à les assimiler à la crasse qui les entoure pour parler de Kärcher ou qu'on les traite indistinctement de racaille, ils voient rouge. Non qu'ils soient choqués par des mots qu'ils utilisent eux-mêmes ; mais parce que leur usage en l'occurrence révèle les confusions d'une incompétence épaisse, une sottise politique exaspérante, des recherches d'effets qui les tournent en occasions médiatiques, ça fait plusieurs générations que ça dure, ça suffit comme ça !
Je dois dire que si j'en étais, j'aurais la colère moi aussi, je partagerais leur révolte face à cette alliance de l'injustice installée et des effets du spectacle. Viendra-t-il un jour une personnalité politique pour revendiquer que les gens des cités en général et ceux qui viennent de loin en particulier sont avant tout non pas un problème mais une ressource démographique, d'imagination, de culture, d'audace, de compétences, qu'ils sont une richesse considérable et qu'ils font partie de l'aventure commune du pays ? Face à ces jeunes garçons qui  risquent ce qui reste de leur existence quasi perdue pour faire apparaître leur cité pourrie, leur destin déglingué et leur jeune vigueur au journal de vingt heures, je suis aussi une racaille, je suis de leur côté non sans inquiétude mais sans hésitation. Après tout, ce sont d'autres révoltes populaires qui ont fait de ce pays un pays libre et tenté jusqu'à ce jour sans grand succès d'en faire un pays hospitalier et fraternel.

Marc Hatzfeld
auteur du Petit traité de la banlieue, Paris, Dunod, 2004.

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. Jean-François Lamour : "Brûler un gymnase, c'est pour un jeune, comme se tirer une balle dans le pied" – Le Monde (10/11/2005)

Jean-François Lamour : "Brûler un gymnase, c'est pour un jeune, comme se tirer une balle dans le pied"
LE MONDE | 10.11.05 | 15h56 • Mis à jour le 12.11.05 | 18h18
ourquoi avoir attendu aussi longtemps avant de vous exprimer sur la violence qui embrase une partie de la jeunesse des quartiers difficiles ?
La priorité et le préalable sont le rétablissement de l'ordre public et le retour au calme. Or, celui-ci n'est pas de ma responsabilité opérationnelle. Enfin, je suis totalement solidaire de l'action entreprise par le ministre de l'intérieur pour permettre le retour à l'ordre républicain, priorité absolue fixée par le premier ministre.
Des installations sportives ont été la cible d'actes de destruction...
Je suis effondré quand je vois une minorité de jeunes s'en prendre à des équipements collectifs et notamment sportifs. Brûler un gymnase ou un stade, c'est, pour un jeune, comme se tirer une balle dans le pied. C'est un des outils dont les jeunes ont besoin pour s'exprimer, s'épanouir, se réaliser au travers d'un projet qu'ils détruisent.

Peut-on encore considérer le sport comme un facteur d'intégration sociale ?
Je réponds résolument oui. Mais à plusieurs conditions. Au début des années 1980, on pensait qu'en construisant des panneaux de basket-ball en bas des cités on allait résoudre tous les problèmes. Le résultat a été très médiocre. La pratique sportive en elle-même n'apporte rien en termes d'éducation.
Elle ne vaut que si elle transmet un certain nombre de valeurs. Ces repères dont on dit qu'ils manquent aux jeunes, seuls les éducateurs et les dirigeants associatifs sont en mesure de les transmettre. Seul le sport encadré peut avoir une valeur éducative et intégratrice.
C'est là que le bât blesse. Les fédérations doivent davantage inciter les clubs à engager une action en direction de ces populations. Il y a un an et demi, je leur avais assigné comme objectif que 10 % des 180 000 associations sportives aient identifié au bout d'un an un projet à fort contenu éducatif.
J'avais, par certains, eu cette réponse : on fait tous de l'éducation. La preuve est apportée aujourd'hui que ce n'est pas vrai. Nous devons valoriser les bonnes pratiques associatives. Dominique de Villepin l'a justement souligné.

Le secteur associatif déplore que le gouvernement ait mis fin aux emplois-jeunes...
Ce dispositif a été un effet d'aubaine pour les associations, mais on n'a pas regardé si on pouvait pérenniser ces emplois et les associations n'ont pas toujours fait l'effort de former les jeunes. Le plan Borloo prévoit un contrat d'accompagnement vers l'emploi qui rétablit l'équilibre emploi-formation. Les associations recrutent surtout des personnes de plus de 25 ans et déjà expérimentées. Il faut réorienter ces contrats vers un public mieux ciblé. J'ai fixé un objectif de 45 000 contrats aidés dans le champ de l'animation hors sanitaire et social d'ici au début 2006. Mais les grands réseaux associatifs d'éducation populaire rechignent à recourir à ces contrats aidés. Je souhaite qu'ils signent des conventions d'objectifs avec nous.

Le secteur associatif sportif peut-il être générateur d'emplois ?
Le sport n'est plus simplement un outil occupationnel, c'est aussi des débouché possibles en termes d'emplois, si une formation adéquate est proposée aux jeunes passionnés par la pratique sportive. C'est un secteur en pleine expansion, avec une forte demande d'encadrement. Nous allons mobiliser des moyens pour permettre à des jeunes de s'engager dans ces formations sans contrainte financière. Il nous manque par exemple au moins 1 000maîtres nageurs-sauveteurs en France.

Avec quels moyens allez-vous financer ses projets ?
Le plan de développement du sport que le premier ministre a décidé de mettre en place après l'échec de Paris 2012 comporte 100 millions d'euros sur trois ans qui vont nous permettre d'accompagner les clubs. Mais pour tout euro investi on doit évaluer la pertinence et l'efficacité de l'action. Il faut que les grands réseaux associatifs participent avec l'Etat à cette nécessaire évaluation.
Par ailleurs, le premier ministre a annoncé, mardi 8 novembre, le déblocage de 100 millions d'euros pour l'ensemble du champ associatif pour 2006. Je vais également y puiser des moyens pour accompagner les associations dans le nécessaire effort de la formation et de la pérennisation de l'emploi.


Propos recueillis par Stéphane Mandard

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.Cent millions d’euros aux associations, et après ? – L'Humanité (10/11/2005)

ÉVÉNEMENT
Cent millions d’euros aux associations, et après ?
Le premier ministre a annoncé, mardi, cent millions d’euros « supplémentaires » pour les 14 000 associations subventionnées par l’État. Mais il est impossible de chiffrer combien la politique gouvernementale a fait périr d’associations, en particulier d’associations de quartier, les plus fragiles, par ses retards de versements. Dans ce contexte, les retards systématiques pris par les versements de subventions font disparaître tout un tissu social qu’il est très difficile de reconstruire. Les cent millions d’euros de Villepin n’y contribueront pas, puisqu’ils s’adressent aux grosses structures. Ils ne permettront même pas de compenser, pour ces grandes associations, la disparition des versements qu’elles touchaient sur la gestion des chèques vacances et qui représentent, pour le Secours populaire ou les Restos du coeur, une grande partie de leur budget. Reste également un autre secteur en difficulté, celui de la formation des bénévoles dont les crédits ont été amputés des deux tiers cette année. La demande s’élevait à 18 millions d’euros. Le solde net est de 2,7 millions. Quant à ces cent millions, il faudra, aussi, qu’ils parviennent à sortir des caisses.

« De l’argent, oui mais comment ? »

Julien Adda, délégué général de la Conférence permanente des coordinations associatives.
« Le premier ministre répond favorablement à la question financière. Nous prenons acte. Mais au-delà du "combien on touche", il y a le "comment". Plusieurs circulaires, de Juppé, Jospin, Raffarin, mettent en place des conventions pluriannuelles d’objectif sur trois ans. Elles devaient mettre en oeuvre des simplifications administratives et des garanties annuelles de versement. Ces conventions ne sont pas respectées. La moitié de la somme prévue en début d’année doit être versée avant le 31 mars. Très peu d’associations touchent cette avance, parce que les subventions sont gelées dès le début de l’année par Bercy et les ministères. Par exemple, nous sommes en novembre et n’avons toujours rien vu venir des crédits 2005.

Il faut donc rationaliser les procédures pour sécuriser les financements dans la durée. Après se pose le problème des emplois aidés. On ne peut pas substituer un financement par subvention ou par projet par un financement en emplois aidés. Les associations ne peuvent pas accueillir des dizaines de milliers d’emplois en cinq ans et les pérenniser. Il y a des préalables : considérer les associations comme des partenaires avec des spécificités, mettre en cohérence les divers types d’emplois et étudier, dans chaque branche, comment le modèle économique va pouvoir absorber ces emplois et quels sont les moyens dédiés à la qualification, à l’accompagnement, à la formation. Il faut avant tout donner aux associations les moyens de consolider leurs activités et leurs projets avant d’y injecter de nouveaux emplois qui doivent, en outre, être de vrais emplois. »


Propos recueillis par Émilie Rive

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. Associations: le grand gâchis. – Libération (Rebonds) (26/11/2005)

Alors que leurs moyens sont déjà insuffisants, elles voient certains de leurs crédits gelés.
Associations, le grand gâchis

Par Adjera LAKEHAL et Véronique DEVRIENDT et Didier MENARD – mardi 26 juillet 2005

par Adjera Lakehal coordinatrice de l'Association des femmes de Francs-Moisins (Saint-Denis, 93),
Véronique Devriendt directrice de l'Association des enfants du jeu ; cité des Francs-Moisins,
et Didier Ménard président de l'Association santé bien-être ; Francs- Moisins.

Nous y sommes. Après six mois d'activité en cette année 2005, la vérité se fait jour. Des subventions aux associations travaillant sur le champ social sont suspendues. Les conséquences du choix fait par le ministère des Finances de geler certains crédits sont dramatiques. Elles annoncent des licenciements par cessation d'activité, qui à l'échelle des quartiers concernés feront masse, et pour certaines associations un endettement insolvable, car les dépenses sont déjà engagées.

Il faut savoir que pour nos associations, il est habituel de connaître au milieu de l'année le montant des subventions qui nous est attribué et de n'en percevoir le paiement qu'en fin d'année, voire en début d'année suivante. Mais, au-delà de cette situation catastrophique qui concerne de très nombreuses associations sur l'ensemble du territoire, c'est la question du sens politique de l'action du gouvernement qui est posée.
On peut penser, par bon sens, qu'il soit stupide pour lutter contre le chômage de commencer par supprimer des emplois en nombre important, sachant par ailleurs que la disparition des emplois- jeunes a déjà fortement pénalisé les mêmes associations.

Faire si peu de cas du travail social associatif est une aberration. Depuis des années, le pouvoir politique délègue aux associations de proximité la mission de fournir des prestations de service aux populations en difficultés sociales. S'appuyant sur cette mission, ces associations ont développé un travail qui va bien au-delà de cette fourniture de prestations. Que ce soit sur le terrain de la santé, de la culture, du soutien à la parentalité, de l'insertion, de la prévention des conduites à risques... le travail de ces associations est celui de l'accompagnement de personnes en difficulté non pas pour simplement tenter de résoudre leurs problèmes mais pour les aider à reconquérir une estime de soi, indispensable pour retrouver une place dans la société. Toutes les situations sont complexes car elles se nourrissent de nombreux paramètres qui précipitent la personne dans l'exclusion. Pour inverser la problématique, il faut mobiliser un ensemble de compétences, certaines existent, il faut les trouver, d'autres sont à inventer. C'est sur le terrain de ces innovations que de très nombreuses associations ont construit leurs projets. Il est évident que les donneurs d'ordres proposent des appels à projets qui ne correspondent jamais (ou pas souvent) aux réalités rencontrées mais qui sont la traduction des représentations que peuvent avoir les institutions et le personnel politique de ces réalités.

Depuis des années nous faisons avec ces contradictions et nous tentons inlassablement de construire cet espace où nous pourrons tricoter avec les institutions une réponse qui tienne compte des contraintes institutionnelles et des réalités vécues par les populations. De nombreux dispositifs et modalités d'action inventés par les associations appartiennent aujourd'hui au patrimoine législatif : le dispositif des adultes-relais, les réseaux de santé, les politiques de réduction des risques sont nés au sein des associations.

L'évolution actuelle voudrait que l'on fasse de l'action individuelle alors que nous avons construit nos projets sur l'action collective, cela correspond à une évolution qui veut que nous soyons davantage les exécutants d'un service d'Etat et non pas porteurs d'actions issues des problématiques vécues par les populations.

Nous ne sommes pas simplement des acteurs de la paix sociale, nous participons à l'émancipation citoyenne afin de permettre à chacun de trouver sa place dans la société même quand l'histoire de sa vie le pousse à l'extérieur de celle-ci.
On ne dit pas assez combien il est indispensable pour certaines personnes de passer par cette progression avant de conquérir ou reconquérir cette place ou pour aller vers l'emploi. On ne dit pas assez les retombées positives sur les enfants et les jeunes quand leurs parents ont pu passer ces étapes, se sortir de leurs ornières.

On ne dit pas que, très souvent, sans cet accompagnement, toute injonction au retour «à la norme» ne peut qu'être parole vaine.
La précarité augmente. Elle est la conséquence de choix économiques faits depuis de nombreuses années, dont la traduction dans la vie des gens est chaque jour plus pénible. Les éléments du mal- être se développent, on atteint des niveaux de pauvreté intolérable et l'on voit de plus en plus de personnes en carences alimentaires dans un pays qui s'affiche comme la cinquième puissance économique. On n'ose même plus évoquer les autres carences affectives, culturelles, éducatives, psychologiques... Tant il nous faut aller à l'essentiel, c'est-à-dire éviter que la situation des populations victimes de l'exclusion sociale ne s'aggrave. Alors que nous sommes en première ligne dans ce combat contre l'injustice sociale, le gouvernement nous enlève les moyens déjà insuffisants dont nous disposions.

Il diminue ou supprime les subventions indispensables à la conduite de nos actions. Les fonds du Praps (Plan régional d'accès à la prévention et aux soins), du Fasild (Fonds d'action et de soutien pour l'intégration et la lutte contre les discriminations) et les crédits de la politique de la Ville sont concernés.

Il supprime ou menace de supprimer des dispositifs d'emplois qui permettent à nos associations d'agir : emplois-jeunes, adultes-relais.
La sanction est immédiate pour les associations de proximité qui accomplissent une action d'intérêt général, par définition non solvable, et dont l'activité dépend des financeurs publics qui leur ont délégué, de fait, cette mission : pas de financement, pas d'action en direction des populations et suppression des emplois associatifs.

La révolte des associations est légitime, la mobilisation initiée par le collectif des associations de Seine-Saint-Denis et celui de Paris sont le prélude à une forte mobilisation de tous ceux bénévoles et salariés qui se voient humiliés et méprisés par la politique gouvernementale. Nous avons à faire face à une politique irresponsable dont la traduction immédiate est insupportable. Les discours des ministres qui parlent de cohésion sociale, de lutte contre l'insécurité sont pour nous des mensonges tant leur politique est génératrice de violences institutionnelles et de désintégration sociale.
Aujourd'hui, le choix est on ne peut plus clair : soit on laisse mourir les associations de proximité et on va encore plus vite vers le délitement social, soit on leur donne les moyens de poursuivre leur travail qui, bien qu'il s'effectue dans l'adversité, permet d'éviter que les fossés et leurs cortèges de menaces ne se creusent davantage.


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